Les Moules Marinette (Chambre avec vulve – chapitre 3)

Une semaine plus tard, les tabourets sur lesquels elle avait eu son premier orgasme étaient encore en place. Depuis le dernier weekend, je n’avais nettoyé et rangé mon appart’ que petit à petit, au gré de ce qu’une crève tardive et persistante m’avait laissé comme énergie le soir en revenant du boulot. Et puis, j’avais pas mal découché aussi, ça n’aide pas. Mais lorsque je rentrais, voyant les traces de sa mouille sur le bois des tabourets ainsi que par terre entre eux, je repensais à elle, je flânais, ramassais ici une pince, là un martinet, mais sans jamais m’attaquer à l’endroit de mon salon où elle avait si bien pris son pied. Je mangerai la cerise du gâteau en dernier.

… et ce fut un peu avant quinze heures, ce dimanche passé. Un dernier regard sur le lieu du premier crime, un dernier coup d’éponge après avoir reçu son SMS : elle arrivait.

Je suis allé la chercher à la sortie du métro. J’avais envie, premièrement d’un dessert, deuxièmement de prendre le temps de nous retrouver. Donc, direction petit restau pas loin ouvert quasi H24. Moi, j’étais en manque d’elle, mais elle ?

Car de ce que j’avais compris, elle sortait d’une nuit dans un autre lit. Et elle m’a tellement amusé à questionner dans les moindres détails le serveur sur sa carte « du dimanche » que je me suis encore plus félicité de ne pas l’avoir chopée dès 15h00’00 » et la porte de chez moi refermée.

Elle faisait des moues étonnées devant les noms , « Le Cochon Baisé » , « Les Moules Marinette » (j’invente rien), elle fronçait les sourcils, elle se tortillait sur sa chaise. Elle avait faim, tout lui faisait envie, mais ne savait que choisir. C’était à l’image de sa toute nouvelle révolution/révélation sexuelle : elle voulait tout, tout à la fois.

Et puis, j’appris d’elle que le sexe lui coupait la faim, qu’elle ne mangeait pas quand elle faisait l’amour, et, m’avoua-t-elle finalement dans un petit rire, qu’elle n’avait vraiment, vraiment, vraiment rien avalé depuis hier soir.

Naaaaaaan, mais moi ça va, hein, ne vous inquiétez pas. J’avais « à peine » la pression pour reprendre le biniou derrière. Putain, les femmes qui se confient, je les em……brasserais bien à pleine bouche, juste pour qu’elles se taisent !!!

Tiens, ça me rappelle une de mes ex, que j’adore, et qui me racontait comment tellement son premier après moi il était « beau, intelligent, violeur parfait et tout et tout … ». Après, quelques mois plus tard, lorsqu’est arrivé le deuze, puis le troize, puis le quatre … c’était vraiment plaisant à entendre – elle est si drôle, mon ex, quand elle raconte ses mecs – mais sur le moment …

Mais bon, bref, revenons à ma petite cochonne de ce dimanche, qui mangeait du cochon finalement en s’en mettant un peu partout. Qu’est-ce qu’elle avait du prendre la nuit précédente !!!
Allez, cool, zen le Dominant, respire, t’es au-dessus de tout ça.

Il pleuvait sur l’avenue, j’ai pris mon dessert. Je voyais sa petite jupette en cuir, les boutons pressions devant, les imaginais sauter un à un jusqu’à me laisser entrevoir la culotte … ou l’absence de, allez savoir. On discutait, on faisait un peu mieux connaissance, on se racontait nos vies, c’était très sympa, mais nous nous étions échoués si loin du sexe.

Pitié la fille, là, en face de moi de l’autre coté de la table. J’adore ta bouche, ton sourire, tes petits seins que j’ai revus bien des fois dans mes rêves, et je veux qu’on retourne vers la niquerie maintenant. Je veux dans pas trop longtemps te tenir par les cheveux, te dire « à genoux, ouvre la bouche », te mettre ensuite ma queue partout où ça rentre et même si ça ne rentre pas, tant pis. La frotter sur tout ton corps, m’entraîner sans fin, y aller à l’aveugle et à l’instinct jusqu’à ce qu’elle retrouve l’écurie toute seule. T’écraser les seins contre la table à peine arrivés chez moi, te baiser par derrière fort, ou pas, je m’en fous … si : fort finalement, et en te griffant le dos en plus, tiens. Te baiser comme un damné puis me retirer d’un coup en te mettant une grande claque sur le cul. Entendre ta surprise, ton hoquet que je me sois dégondé si vite. Marcher de long en large deux mètres derrière toi, comme un animal, la queue à l’horizontale. Voir ta petite chatte encore toute ouverte, dégoulinante. Te lécher la fente vite fait, d’une léchouille de clebs, puis t’en remettre pour cinq tours pareil : la baise, la claque sur le cul, puis la chatte ouverte et tes jambes qui tremblent. Et enfin te finir sur le lit, ma queue prenant ton petit rond, calmement à présent, comme j’adore prendre les filles, à la tranquille. Pendant de longues minutes te sodomiser en douceur et t’entendre au bout du bout coasser faiblement : « Je jouis ». Et alors moi aussi, lâcher la purée, et savoir que tu sens les contractions de ma queue dans ta rondelle.

Pitié la fille, fais le sauter ce bouton de ta jupe, fais-moi de l’oeil, du pied, du baiser échappémalgrémoi … allo, Houston, Mayday, Mayday !


Et là m’est venu l’idée :

– « Hier soir, je suis allé à la Vente aux Esclaves. Tu connais ? »

– « J’en ai entendu parlé, c’est comment ? » Elle avait l’air presque aussi soulagée que moi qu’on en revienne au cul. Il était quoi ? Dix-sept heures trente. Putain, qu’est-ce qu’on avait perdu comme temps !

Alors dans le restau vide, nous nous sommes penchés l’un vers l’autre et je lui ai raconté à l’oreille.

Petit à petit, son souffle s’accélérait. Certains mots apparemment résonnaient furieusement en elle.

********************

. . .

– « J’ai vu le moment où ma soumise allait elle-même se vendre pour pouvoir ensuite acheter la brune. On n’avait pas assez d’argent. J’te jure, c’était rageant. Nous avions fait pot commun avec nos voisins de gauche et de droite, mais la dernière et plus belle vente de la soirée nous filait elle aussi sous les yeux, comme toutes les autres. »

– « Elle aime tant les femmes que cela ? »

– « Je le savais, mais pas à ce point. »

– « Moi aussi j’aime les femmes, beaucoup. Tu me la présenteras ? »

J’ai souri, taquin :

– « Mmmm ? OK, je demanderai à sa Maîtresse qu’elle me la reprête »

puis j’ai continué, lançant l’hameçon :

– « et en retour, tu iras servir chez elle quelques jours. »

Je sentais sa joue contre la mienne, brulante soudain, elle était en apnée. Nous étions bien loin des souvenirs de turbin dans lesquels nous étions encore englués il n’y a pas dix minutes.

– « Je voulais la faire jouer avec d’autres femmes et nous en avions repérées plusieurs qui nous plaisaient à tout deux. Mais elles nous avaient échappé les unes après les autres. A fin de la Vente tout le monde s’est levé et les gens ont commencé à se répartir dans les différentes salles de jeu. Je suis alors allé vers deux Doms qui s’étaient achetés l’un l’autre leurs soumises, dont la superbe brune, et se mettaient à présent d’accord sur la suite de leurs ébats croisés.

Je leur montre la mienne, là-bas, assise sur son petit tabouret à l’autre bout de la pièce, et ils nous invitent sans chichi à les rejoindre. Des vrais joueurs !

Nous les suivons à l’étage, et faisons les présentations : Claire, Machine (j’ai oublié son prénom), et Sue, ma soumise. La jolie blonde, Claire, est installée et attachée sur le banc à fessée, puis commence à prendre une bonne correction. La brune est penchée sur la blonde, la mienne sur la brune … changement de position, on met Machine sur Truque qui a son tour lèche les seins de Bidule … c’est comme ça, le BDSM, c’est comme la conversation, ça commence par des banalités jusqu’à ce qu’un sujet passionne enfin tout le monde.

Et bien là, ça a démarré dès que Claire a eu pour ordre de s’occuper de Sue, attachée à la croix, à sa merci. Je l’avais extraite un peu avant, et des deux couples, et des autres hommes qui s’approchaient, mine de rien, pour voir s’il n’y avait pas moyen de touchotter un peu. Pfff.

Sue était sur la croix, offerte, et on aurait dit à la blonde « Claire, attaque ! » que ses yeux n’auraient pas brillé plus.

Nous les hommes, si on nous en donne l’opportunité, nous bouffons en dix secondes la fille qui nous est jetée en pâture. Mais là, Claire, elle a mangé Sue cen-ti-mètre-ca-rré-par-cen-ti-mètre-ca-rré. D’abord les tétons, puis les seins entiers, puis le reste. Ses mains se promenaient partout, insidieuses et expertes, sa langue tout pareil.

Je ne sais pas comment font les femmes. Nous les hommes, nous avons la même langue, les mêmes doigts, et pourtant nous sommes si loin des caresses que peuvent se faire les femmes entre elles. Sue gémissait, frissonnait, se tordait. Elle avait les yeux fermés, ailleurs, enfin à la merci d’une autre femme – son rêve – même si cette si douce tortionnaire n’était qu’une soumise.

J’ai sorti un vibro, l’ai donné à Claire. Machine et son Maître étaient finalement redescendus. Et alors là, si tu l’avais vue dégouliner sans fin, la Sue. »

Je me suis arrêté un instant dans mon récit, me suis reculé un peu pour regarder mon auditrice. J’ai vu dans ses yeux la suite de la soirée, comme si elle avait été là.

Lorsque nous avons permuté les filles, mettant Claire à son tour sur la croix, elle lui aurait bouffé le minou encore plus que Sue, qui pourtant gougnotait Claire, aspirait ses lèvres et tournoyait de la langue comme une possédée.

Oui, comment elle lui aurait bouffé la chatte !

Je lui aurais bien raconté la suite, ce qui s’est passé plus tard, lors du deuxième round où, chacune tour à tour maintenue dans le fauteuil jambes écartées, l’autre lui remettait sa dose. Je lui aurais raconté le dernier orgasme de Claire, enfin, après toute cette tension de sexe. Comment elle a serré fort les cuisses sur la main de Sue, la couleur de son regard d’alors, les soubresauts de son ventre alors qu’elle se tordait dans sa jouissance, les longues minutes de silence ensuite, Sue radieuse, Claire exténuée et amoureuse de sa nouvelle amante, et nous deux, les Doms, silencieux et ne voulant par aucune parole rompre le charme.

Je lui aurais raconté le charme pourtant rompu, plus tard, le retour sur terre, les numéros échangés, et l’espoir de qui sait, peut-être, une autre fois Sue + Claire ?

Certaines femmes aiment les femmes plus que de raison, ça a l’air si bon. Mon auditrice de dimanche est-elle de celles-ci ? L’avenir le dira.

Mais pour l’heure, sur le coup de dix-huit heures, elle émergea de son rêve, revenant vers moi, et me demanda  :

– Tu m’emmèneras à la Vente aux Esclaves ?

– Le jour où tu seras mon esclave, oui.

Elle m’a alors souri et s’est levée en silence. Elle a passé son manteau par dessus sa petite jupe en cuir puis nous sommes allés jusque chez moi sous la pluie.

Et c’est ce dimanche d’il y a trois jours, en fin d’après-midi, que pour la première fois je l’ai fouettée.

Commentaires

  1. Dom P

    Pimpant récit que vous faites là.
    Il mérite une suite….. Si j’avais un talent d’écrivain, je composerais la deuxième partie du cadavre exquis, où Sue et Claire se retrouvent. Chez l’une, chez l’autre?
    Bravo et merci.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *