Les lignes de ses seins (Chambre avec vulve – chapitre 12)

(Mardi 14 février 2017 – Souvenir des premiers jours avec Clochette)

J’ai posé la lame sous le sein gauche.

Elle a poussé un cri, différent des autres, de ceux de la fourchette, de la spatule et des autres expérimentations « arts ménagers » que j’avais faites ce soir-là.

Enfin ! On touchait un point sensible, un désir inconscient peut-être. Elle avait eu jusqu’à présent les yeux fermés mais avait soudain peur de moi, de ce que j’allais faire. Pourtant, elle n’osa parler. Elle avait juste rouvert les yeux, le froid du métal l’avait surprise et elle regardait le couteau en silence, paniquée même si elle faisait tout pour que je ne m’en rende pas compte. C’était convenu entre nous : pas de playlist, pas de limite. Je faisais ce qu’elle m’inspirait, et elle s’en remettait à moi pour continuer ou arrêter. Elle avait la phobie du Knife-Play. Je n’en savais rien, et c’était tout aussi bien, me dira-t-elle plus tard.

J’ai laissé un moment la lame sur sa peau, puis l’ai doucement fait glisser jusque dans son dos, la rattrapant alors de l’autre main pour revenir sous son sein droit. Je voulais la cisailler … d’une simple caresse. Et lorsque le cercle fut bouclé, je piquais le téton de la pointe du couteau, pour voir. Elle a gémi, j’ai souri.

Elle était comme à son habitude depuis deux semaines qu’elle vient chez moi, et telle qu’elle m’excite pour commencer : debout, nue et jambes écartées, les bras relevés sur la nuque avec juste une paire de bas et de chaussures à talons.

Le dimanche précédent, je l’avais fouettée pour la première fois, et elle avait adoré. Elle aurait pu n’aimer que les ordres qui la font mouiller au-delà de tout, que les filles qui la font vibrer d’une caresse, que les fuckeries, attachée et baisée dans tous les sens, que je l’aurais quand même aimée. Non, qu’elle kiffe le fouet ou pas, cela n’aurait rien changé aux pulsions qu’elle m’inspire. Mais elle aime le fouet, et ça, c’est un plaisir infini que je savoure maintenant d’avance : l’attacher calmement, l’embrasser, lui sourire, lui parler, plaisanter même lorsque je lui passerai la barre aux pieds, la caresser en remontant, les jambes, le ventre, les seins, le cou, puis la fouetter, à chaque fois de mieux en mieux j’espère, en découvrant ses zones sensibles, en lui apprenant l’endurance, le relâchement, le bandeau, le souffle lent, et toutes les subtilités de cet étrange serpent. Et enfin, après, la prendre dans mes bras pour l’emporter jusque sous la couette, au chaud, l’accompagner dans sa redescente, et puis lui faire l’amour doucement, lorsqu’elle en aura envie.

Reprenant mes esprits, j’ai refait un autre cercle sur son corps, en marchant autour d’elle cette fois-ci. La pointe glissait, piquait parfois. J’appuyais plus fort et elle tremblait à présent.

– « Ne bouge pas, je vais te faire mal autrement »

Elle essayait de toutes ses forces, elle se mordait les lèvres, dansait cependant d’une jambe sur l’autre. Que dit-on dans ces cas là : le coeur qui bat la chamade, la vulve qui mouille, le bourdonnement dans les tempes ? Mais avais-je la tête à vérifier cela chez elle ?
Moi, je bandais, point-barre. J’oubliais la musique, le parfum de son corps et remarquais à peine sa chair de poule. J’avais trouvé un truc, le couteau, je la voyais trembler, qu’avais-je besoin de vérifier, de m’assurer ? C’est cela l’alchimie du sexe, on ne sait ni quoi, ni comment, mais lorsqu’elle prend, il n’y a plus qu’à se laisser aller.

La lame passait sur ses cotes, s’enfonçait dans les creux, ressortait sur les rondeurs, et inexorablement, commençait à descendre. Je la mordillais, lui glissais la main entre les cuisses au passage, la butinais, la boutonnais d’un doigt, respirais son odeur et léchais sa sueur.

Arrivé aux hanches, j’ai accéléré. Une spirale rose vif brillait maintenant sur sa peau en partant de ces seins. Encore deux ou trois tours de son corps, et la spirale atteindrait le pubis, le clitoris et les lèvres. Le savait-elle ? Le sentait-elle ? Elle est de celles qui en disent peu, son corps et ses gémissements parlent pour elle. Son souffle s’est juste bloqué, attendant je crois bien le moment où j’arriverais au point ultime.

Mais je me suis arrêté juste avant, j’ai soulevé ma lame. Elle s’est mise à haleter.
Qu’attendait-elle, je ne sais. La zébrer « là aussi », sur son Mont de Vénus ? L’épargner finalement ?


J’étais pensif, tendu, voire ronchon. Nous avions tant eu de désirs inassouvis et inaboutis ce weekend. Qu’allais-je choisir pour finir, qui nous défoulent et nous vident tous les deux maintenant que nous étions enfin seuls, maintenant que nous avions enfin le temps ?

Ses seins blancs, palpitants, et encore épargnés par ma lame m’attiraient. Allais-je remonter le temps dessus, tracer avec ma lame les lignes de ses seins, avec des gouttes de sang pour chaque incident ?

Allais-je raconter en arabesques ce scénario de vendredi soir où elle devait m’attendre Gare du Nord nue sous son manteau et devant faire telle chose pour m’accueillir … et ce putain de train que finalement j’ai raté ?

Allais-je me défouler de cet instant magicus et pourtant interruptus tout au bout de la Nuit Démonia, alors que nous nous étions enfin retrouvés à l’aube naissante, que nous allions enfin baiser, et que le videur nous a gentiment arrêtés en plein élan – et moi capote sur le gland – pour nous dire « ça ferme » ?

Allais-je même tracer sur ses seins la recette de ce plat méconnaissable qu’elle m’avait cuisiné/quasi-brûlé deux heures plus tôt, et notre perplexité devant le mode d’emploi incompréhensible de mon nouveau four ?

Allais-je conjurer ainsi, d’un putain de Z qui veut dire Zobbbbbbbbbbbb, le sort qui faisait que tout déconnait depuis deux jours dans le scénario que j’avais imaginé et que ça nous avait fait pourtant rire à en avoir mal au ventre de manger son truc, finalement super bon ?

Je ne sais plus ce que j’ai décidé, à cet instant. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’ensuite, à un moment, je te me l’ai retournée, j’ai balancé le couteau et l’ai prise toute debout contre le mur ou la table, enfin, le premier truc solide sur lequel je l’ai écrasée pour la pénétrer d’un coup, puis que je l’ai traînée par les cheveux jusque sur le lit pour la baiser, baiser et encore rebaiser jusqu’à m’écrouler sur elle.

Et lorsqu’elle s’est retournée plus tard, pour venir se blottir contre moi, j’ai vu ses seins, blancs, sans une seule marque. Je les ai embrassés.

“Tu me les présentes ? Ils s’appellent comment ?”

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