En silence (Chambre avec vulve – chapitre 9)

Le monde à l’envers !
J’ai les bourses vides, mais c’est Clochette qui dort.

Serait-ce que mes bourses, sur lesquelles elle a laissé sa main, sont devenues une sorte de doudou pour elle ? Seraient-ce qu’elles l’apaisent ou la rassurent, comme les deux billes que l’on conseille parfois de faire rouler dans sa main pour évacuer le stress ? Je ne sais pas. En tout cas moi, je suis heureux comme un pape, là, après l’avoir baisée et au milieu de la nuit, sa main chaude entre mes cuisses, même si je sais que devrais dormir sinon demain au boulot ça va être zombie land. Mais je préfère t’écrire, Marie-Hortense.

Car vois-tu, et puisque tu veux tout savoir, Clochette me surprend encore, même après six mois. Ça lui est venu il a deux ou trois semaines, de me chopper le manche pour s’endormir. Moi je pensais que c’était foutu. Qu’elle faisait partie de celles qui, avant le dernier bisou du dodo, caressent pendant de longues et longues minutes le ……… torse 🙁 .
Mais non. Halleluia, Hosanna, Mazeltov : depuis deux semaines, Clochette est une caresseuse de burnes !!!!

Nous en avons justement parlé l’autre jour, Clochette et moi ……. mais d’abord, il faut que je te raconte.

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Ce dimanche-là, lorsque je me suis réveillé après la sieste, elle dormait encore. C’était le lendemain du Salon de la Littérature Érotique. Redescente en douceur, on s’était promis de prendre toute la journée rien que pour nous deux après l’excitation et le stress des dernières semaines. Tu me diras que le stress donne parfois de furieuses envies de baise. Et en général, ce sont des quick-sex, entre deux portes, deux sonneries de réveil, ou, comme la veille, dans les toilettes de la Galerie alors que la foule papotait un verre à la main juste de l’autre coté la porte.

Naaan, je me vante. Ce n’est pas que l’idée ne nous avait pas effleuré. Nous étions tous deux à l’accueil, et, entre deux présentations du salon aux visiteurs – «  »Voici votre ticket, boisson gratuite au fond, auteur-es placé-es là, là et là » » – j’avais lu dans ses pensées à ma petite délurée : les chiottes, nos mains qui se cherchent sous les fringues, le boxer baissé, sa bouche qui se jette sur ma queue et qui me pompe comme une morte de faim, puis l’enfilage express debout en face à face, elle une jambe relevée/posée sur le couvercle des wawas et moi la collant au mur de ma main sur sa bouche pour l’empêcher de crier son orgasme. Oh oui, nos regards en disaient long à certains moments pendant le salon …. Mais non, ce n’était ni le lieu ni le moment.

Alors tu imagines bien, Marie-Hortense, qu’en rentrant ensuite au milieu de la nuit, je me serais bien jeté sur Clochette pour enfin, après des journées et des journées sans sexe, la déglinguer comme un âne. Et bien non, là encore, trop crevé-e.

Et pas plus au réveil, d’ailleurs. Il m’avait fallu ramener le matos du salon chez Marie-B. , et j’en ai profité au retour pour faire les courses et un jogging.

Clochette, elle, n’a émergé que vers midi. Elle a gracieusement lévité jusqu’au canapé, elle était tellement jolie ma petite fée – petits seins pointus, turlututu – emmitouflée dans la couette. J’avais préparé le brunch-plateau-série … et on s’est rendormi aussi sec ensuite, après trois épisodes de « How I met ».

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Je disais donc, Marie-Hortense, chère petite lectrice/voyeuse, qu’au sortir de la sieste j’avais une envie de loup.

Je me suis glissé doucement sur le corps de Clochette, dans son cou, et ai commencé à grogner : « Mmmm, Grand Guerrier aimer petite femelle ! » . Elle a gémi aussitôt. Le coup du « Grand Guerrier » grogneur et mordeur, ça marche du feu de Dieu avec elle.

Mais cette fois, en plus, m’est venue une autre idée.

– Tais-toi, je ne veux pas entendre un son ni un gémissement sortir de ta bouche !

Puis j’ai continué à la chauffer, de ma langue, de mes ongles, de mes joues mal rasées que je frottais partout sur son corps.

Je l’ai entendu respirer : je lui ai mis une gifle. Elle a eu un hoquet, et m’a regardé sans comprendre.

– « Pas un bruit » je t’ai dit.

Elle a écarquillé les yeux et s’est employée tant bien que mal à m’obéir.

Alors, à la voir bouche et yeux grands ouverts sous moi se débattre silencieusement sous mes caresses, mes griffures et mes grignotages de tout son corps, enfin l’envie m’est revenue. L’envie de l’allumer, de la chauffer, de la faire couler de désir sans lui donner ce qu’elle voulait. Trop de boulot ces derniers temps pour nous deux, trop de tsoin-tsoin quotidien. C’était l’heure H du jour J de la grande supplication.

Ah ma salope, je veux que tu te traînes, que tu pleures. Je veux que tu sentes le désir monter mais que tu ne puisses pas jouir. Pas tout de suite, pas si facilement.

Alors je lui ai relevé les bras, les ai croisés autour de sa tête, et lui ai dit :
– si tes coudes descendent au-dessous de ta tête, j’arrête.
– si tu fais un seul bruit, j’arrête
– et d’ailleurs si tu bouges de n’importe quelle partie de ton corps, j’arrête.

Et je suis redescendu la lécher, la doigter et l’explorer de mes doigts de fond en comble. A chaque monté du plaisir, je l’ai mordu, comme un animal. Un coup de dent – tchac – à l’intérieur des cuisses, là où ça fait le plus mal. Elle ne bougeait pas, ne disait rien, mais je voyais ses yeux fermés, ses lèvres serrées, sa sueur, ses narines et ses rougeurs aux joues. Oui, je la voyais crier de l’intérieur, et c’était si divinement jouissif pour moi. Bonne élève, adorable et si troublante petite élève docile. Si elle perdait pied, peu à peu, elle faisait tout pour résister à l’envie de lâcher.

Et ça me rendait fou, je la caressais, m’arrêtais, la mordais ou la griffais aux endroits les plus sensibles ou inattendus, et elle ne disait rien, pas un bruit, enfermée dans cette muraille de silence que je lui imposais. Le drap sous elle était trempé.

C’est moi ai craqué finalement. J’aurais voulu la prendre silence, la pénétrer enfin en la voyant hurler dans le vide, mais je lui ai dit : « Tu peux maintenant ».
Puis je l’ai embrochée, d’un coup. Elle en a eu des saignements, après, tellement je suis allé profond.

Je les entends encore ses cris. Elle dort à coté de moi, mais j’ai toujours dans les tympans ses cris de ce dimanche. Et s’il n’y avait que les cris. D’habitude c’est moi qui l’humilie de mes mots, et elle répond « oui, oh ouiiiiiii » le plus souvent. Mais là, elle s’est mise à crier, à râler, et à se rouler elle même dans des mots crus, violents et suintants de vices trop longtemps contenus. Le silence que je lui avais imposés sous mes tortures avait fait craquer quelque digue de bienséance : « Une soumise doit se faire insulter, pas s’insulter elle-même. »

Peu importe comment cela s’est terminé. J’imagine que tous mes voisins sont au courant, à présent, des pensées de la « délicieuse » jeune femme qu’ils voient passer de temps à autre dans l’immeuble et toquer à ma porte.

Mais Clochette s’en fout ; on en a parlé après. Elle aime avoir mes couilles dans sa main. Le reste …..

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Allez, Marie-Hortense. Il est quatre heures du mat’, je clique sur envoi. Tu me diras ce que tu en penses à la Dèmonia, samedi, si c’est bien cela que tu voulais connaître de mes nuits.

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