Chaos – (Chambre avec vulve – chapitre 15)

Conjonction des désastres, j’ai vécu neuf derniers mois bien chaotiques.

Des filles avec des hauts et des bas, qu’elles enlevaient devant moi d’un air que je n’arrivais plus à déchiffrer derrière leurs désirs du moment.

Faut dire que je ne sais pas vivre de coups d’un soir. J’arrête tout de suite, ou je m’attache. Et d’habitude, même accroc, je gère, je garde toujours une petite distance qui me préserve. Mais pour 13 et 14, je n’ai plus rien compris, ni de moi, ni de leur émois qui me trouaient le coeur.

Je me suis perdu, je les ai perdues.

Oui, il y eut Treize, que je regrette tant, mais bon … et il y eut Valentine, ma chère Valentine qui, dès la première fois, en transe, m’a léché les pieds d’une manière si inconcevable pour moi avant. Comment pouvais-je avoir idée d’une telle envie de dévotion ?

Mais là encore, le crash, la boule au ventre en lisant ses messages de semaines de semaines, de plus en plus absolus, de plus en plus vertigineux, enivrants … et flippants tellement je ne me sentais plus Maître de grand chose, de ses pulsions comme des miennes.

Et entre ses messages, lorsque nous baisions, chaque sodo, chaque pipe me vrillait la tête, tant je sentais ô combien je m’enfonçais dans ses hontes enfouies, ô combien ma queue était sa catharsis.

Un soir, tard, je l’ai embarquée vers un de mes spots, l’escalier en fer, rue de Bagnolet. Un escalier à la vue des passants, à cinq mètres de là et sous lequel on peut s’aventurer : une sex-cage en plein air.

Nous marchions, main dans la main en papotant. Mais moi, je savais très bien où je l’emmenais.

Lorsqu’elle a compris, elle s’est tu. Je lui en avais parlé de cet escalier, du passage étroit pour se glisser dessous, des capotes qui en jonchaient le sol, et elle l’avait reconnu.

J’ai pris les menottes. Sa langue sortait, tournait autour de ses lèvres d’un mouvement obscène qu’elle ne contrôlait plus.

Et je l’ai penchée en avant, attachant ses poignets au grillage la séparant du trottoir. Nous étions dans l’ombre, sauf ses poignets et ses doigts à travers la grille, éclairés par la rue.

J’écris souvent que je n’ai aucun mérite à faire ce que je fais aux femmes. C’est animal, physique. Je mesure un mètre quatre vingt onze, pèse cent kilos ou presque, et lorsque mon physique plait, j’imagine que ce n’est pas pour faire des enluminures.

Rien que de penser à ce moment … ses mains blanches, convulsant à travers la grille alors que je la démontais.

Sans doute est-ce de ma faute. Je leur demande tant, tant de leur trip et de leurs tripes, qu’elles ne peuvent que s’en remettre entièrement à moi, et que chaque cellule de leur corps réclame alors toujours plus des miennes.

Mais je n’y arrive pas. Arrive un moment où je ne sais plus, on joue encore ou on ne joue plus ? Tu veux que je te domine ou que je t’annéantisse ?

Je viens de rencontrer une petite, une nouvelle, complètement borderlove, et je sens bien qu’avec elle je vais encore explorer sa folie, et la faire mienne malgré moi.

Pour en revenir à l’escalier, et à Valentine, elle a fini ce soir là en larmes, d’extase ou de folie allez savoir, du stupre à l’état liquide, me pompant comme une damnée pour me faire jouir à mon tour.

Elle est restée longtemps ensuite à genoux devant moi, le front contre mon ventre. J’entendais sa voix, un murmure obscène, enfin je crois, de ce que j’en devinais, s’adressant à elle-même.

Je n’ai jamais osé lui demandé pourquoi, pourquoi elle se souillait ainsi de mots, ensuite.

« Pendant », je connais, j’en connais qui en clame ou en réclame, mais après … ?

Son chaos devenait mien. Je l’ai quittée, tout comme j’ai quittée Treize.

Mais cette putain de nouvelle ?!?!

J’ai rendez-vous avec elle ce soir. Notre quatrième rendez-vous.

Et je suis déjà fou. Chaos debout !

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