Rock and Roll

Hier soir je faisais le son pour une amie qui tient une salle dans Paris.

Derrière les boutons, au mix, la tête noyée dans les décibels je pensais à toi.

Des pulsions dans le ventre. Jimmy Hendrix et les Red Hot pouvaient bien faire hurler leurs amplis, c’est de toi qui j’avais envie.

Je nous imaginais, backstage, dans un coin sombre.

Tu m’aurais auparavant regardé de tes yeux d’or, me fixant, sûre de toi, sachant que bientôt j’allais tourner les miens, t’apercevoir, et ne plus pouvoir t’échapper.

Ce qui arriva.

Quelques mètres nous séparaient, mais je voyais ton corps, si désirable dans cette jupe serrée, tes seins lourds, pressés, compressés sous ton bustier luisant et noir, mais pourtant, si libres, si vibrants.

Tu bougeais au rythme de la musique, me montrant tout de toi, de tes envies, juste par ton regard et ta danse.

Alors, le show tournant, bien réglé, sans moi, je me suis éclipsé et tu m’as suivi derrière la scène. Le son était hallucinant, impossible de se parler. Mais pour se dire quoi, de toute façon ?

Je me suis penché, ai relevé ta jupe puis de mes mains chaudes et douces t’ai enlevé ton string. Je t’ai soulevée pour t’asseoir à bonne hauteur sur un flight case.

Je t’ai longuement embrassé sur la bouche, puis suis descendu te goûter, te respirer. Ta vulve était gonflée, humide déjà. Je l’ai touché de ma langue. Tu as crié je crois mais avec cette musique, comment en être sûr …

Petit à petit tes jambes s’ouvraient, ton bassin s’offrait. Tes mains étaient plaquées sur ma tête, et ma tête collée à ton ventre.

Je te léchais, te suçais, t’engloutissais encore et encore.

Puis je me suis relevé, ai frotté ma bouche sur ton corps. Tu avais enlevé ton haut, et je t’enduisais les seins et le corps de ton odeur intime.

J’ai fais plusieurs fois l’aller-retour entre ta fontaine et tes seins, ton cou, ta bouche.

Puis je t’ai pénétré. J’ai enfoncé mon membre en toi, sans m’arrêter, encore, encore, jusqu’au fond. J’ai senti tout de suite jaillir un liquide chaud sur mon ventre, coulant sur mes bourses et descendant le long de mes cuisses. Premier orgasme dans les spasmes de la guitare.

Mais ce n’était qu’un début, tu avais jouis, pas moi.

J’ai commencé mon va et vient, rapidement, puissamment, tout de suite. J’avais chaud. Je me suis calé sur le rythme du batteur, sa grosse caisse, et je te « rentrais dedans » aussi fort que lui tapait sur sa batterie.

Je voyais peu ton visage, juste tes yeux qui brillait, verts et dorés, dans l’obscurité zébrée des coups de projecteurs qui parvenaient parfois jusqu’à nous.

La foule criait, moi aussi, toi aussi. Je voyais ta bouche ouverte, tes hoquets à chaque coup de boutoir. Tu me griffais le dos, m’accompagnait du bassin, je m’agrippais à tes hanches, tes poignées, pour mieux te percuter, t’anéantir.

Tu m’avais tant excité tout à l’heure par ta danse et tes regards chauds et sensuels, sexuels, que je ne me contrôlais plus.

Des gouttes de sueur tombaient de mes cheveux, qui encadraient mon visage penché vers toi, tel un taureau furieux.

Tu as lâché mon dos d’une de tes mains, et de l’autre tu t’es mise à te caresser avec furie.

Tes doigts, ta vulve, ton clito : cela m’a rendu fou et je sentais s’approcher .. le plaisir … le grondement … la vague … la brûlure infernale … de mon ventre … de mes bourses.

Je t’ai vue alors te démembrer dans un spasme ultime, cambrée, yeux révulsés …

et la suite …

je ne sais plus.

Le son hallucinant, ta jouissance, ma lave fusant en toi, encore et encore, je ne sais ce qui s’est passé pendant ces longues minutes, pendant notre orgasme sans fin.

Mais j’y pense sans fin,

et de toi ce matin, j’ai encore faim.

D’Ange